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9 février 2012


Vous avez besoin d’une IRM ? Ce sera en moyenne, un mois d’attente...

[23 juin 2010 - 18h09]
[mis à jour le 24 juin 2010 à 09h51]

Le délai d’attente avant d’obtenir une IRM (imagerie à résonance magnétique) ne s’améliore pas. Il est toujours de plus d’un mois en moyenne en France, avec des inégalités régionales fortes. Cette carence entraîne la prescription d’examens voire de traitements inadaptés, et donc une perte de chance pour les patients.

En 2009, le Plan Cancer fixait comme objectif un délai d’attente de 10 jours pour une IRM. Selon les résultats de l’enquête annuelle de l’association Imagerie Santé Avenir, ce délai est aujourd’hui de 34,6 jours, sur les 502 structures hospitalières contactées selon une méthode de testing. Aucune amélioration n’est donc constatée, et ce depuis des années.

Les inégalités régionales sont flagrantes : en Alsace, en Poitou-Charentes et dans les Pays-de-la-Loire, c’est 56 à 58 jours d’attente, contre « seulement » 22 à 25 jours en Picardie, Ile-de-France, et Midi-Pyrénées. La France est deux fois moins équipée que le reste de l’Europe. Or les besoins médicaux ne cessent d’augmenter.

Un examen nécessaire Cette technique d’imagerie est cependant indispensable pour de nombreuses pathologies. « L’IRM est l’examen le plus sensible en cas de cancer du sein, et le meilleur pour détecter une tumeur ovarienne » précise le Pr Patrice Taourel, chef du service d’imagerie médicale à l’hôpital Lapeyronie de Montpellier. « Il est aussi nécessaire en cas d’endométrioses ou d’urgences pelviennes. Son absence entraîne un diagnostic tardif, et une chirurgie ’pour voir’. Ce délai de plus d’un mois est inadapté à l’urgence chirurgicale et oncologique. »

Aux urgences « Une IRM aux urgences améliore la qualité des soins », explique le Pr Xavier Leclerc, neuroradiologue au CHRU de Lille. « Particulièrement pour les AVC, qui représentent 130 000 cas par an. Un scanner est souvent prescrit par défaut, mais il ne permet pas une analyse aussi fine du tissu cérébral. » Quand un patient arrive aux urgences avec les symptômes d’un AVC, dans 15% des cas, il s’agit d’autre chose... et seul l’IRM permet de le détecter, de poser le bon diagnostic et donc de prescrire le traitement approprié. Une étude menée au CHU de Lille a ainsi montré que l’installation d’une IRM aux urgences permettait de diminuer le temps d’hospitalisation d’une journée, et même de 3 à 4 jours en cas d’AVC. Un argument économique face au million d’euros que coûte une machine...

Source : Imagerie avenir santé, 23 juin 2010

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