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23 mai 2012


Un lien génétique entre cancer du rein et mélanome

[21 octobre 2011 - 15h22]

Des équipes de l’INSERM et de l’Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif (94), ont identifié un gène de prédisposition commune au mélanome malin et au cancer du rein. Les résultats de ce travail sont publiés dans la revue scientifique Nature.

Une étude récente avait déjà mis en évidence la coexistence chez certains patients, d’un mélanome (qui est un cancer de la peau) et d’un cancer du rein. Ce dernier en effet, «  est fréquemment découvert après un diagnostic de mélanome, lors du bilan d’extension » de la maladie, expliquent l’INSERM et l’IGR dans un communiqué. « A ce jour, aucun facteur de risque environnemental commun n’a été mis en évidence. Cela suggère l’existence d’une prédisposition génétique ».

Une équipe rassemblant des cliniciens, des généticiens, des biologistes, des pathologistes… a émis l’hypothèse que le gène MITF (Facteur de Transcription associé à la Microphtalmie) pouvait être impliqué dans ce phénomène. Dans le mélanome en effet, il avait été décrit comme oncogène, et il est également connu pour intervenir dans une voie d’activation cellulaire impliquée dans le développement du cancer du rein.

Une mutation génétique… deux cancers

Les auteurs sont parvenus à identifier une anomalie dans la séquence ADN du gène MITF. Cette anomalie a été retrouvée chez 8% des patients atteints à la fois de mélanome et de cancer du rein. « Appelée Mi-E318K, celle-ci multiplie par 5 le risque de développer un mélanome, un cancer du rein ou les deux », précise le Dr Brigitte Bressac de Paillerets, à l’IGR.

Ces résultats ouvrent de nombreuses perspectives de développement dans le domaine des applications cliniques et de la recherche. « Un test de dépistage pourrait être développé afin de rechercher cette mutation chez les patients atteints soit d’un mélanome, soit d’un cancer du rein. La mutation deviendrait un bio-marqueur de risque,impliquant la nécessité d’une surveillance particulière au niveau du rein et de la peau », ajoute le Pr Marie-Françoise Avril (Hôpital Cochin-Tarnier, Paris). A moyen terme, ce travail pourrait enfin conduire à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.

Source : Nature, INSERM, Institut Gustave Roussy, 20 octobre 2011

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