Télécardiologie : le cœur surveillé à distance
« Nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle », s’enthousiasme le Pr Philippe Ritter, président du Comité d’organisation de Cardiostim 2010. Une ère dans laquelle les porteurs de stimulateurs cardiaques seront suivis à distance par leur médecin. Avec des résultats probants, comme le montre la première étude mondiale publiée sur le sujet.
Un stimulateur cardiaque, c’est un boitier électronique implanté au niveau du thorax, et muni d’électrodes grâce auxquelles il mesure le rythme cardiaque et le régule si nécessaire. Depuis ces dernières années, leur technologie a beaucoup progressé. Aussi bien au niveau de la forme - les plus récents sont d’une taille beaucoup plus réduite – que du fond puisqu’ils sont aussi équipés d’une fonction de télétransmission.
En pratique, les données sont envoyées sur un serveur qui les relaie ensuite au cardiologue sous forme de message électronique, SMS ou fax. Quel impact sur le suivi à distance et la prévention des accidents cardiaques ? Pour la première fois, des médecins français se sont penchés sur la question.
Moins de consultations, autant de sécurité
Coordonnée par le Pr Mabo (CHU de Rennes), l’étude COMPAS a inclus 538 patients répartis dans 43 centres français. Agés en moyenne de 76 ans, ils ont été suivis pendant 18 mois et répartis en deux groupes :
Une moitié a bénéficié d’un suivi « classique » par des consultations régulières. Le système de transmission de leur pacemaker était bien activé, mais les données n’étaient pas accessibles au médecin. « Ce système a permis d’analyser a posteriori les données », expliquent les auteurs ;
L’autre moitié a été suivie à distance, les consultations n’étant motivées qu’en cas d’alerte.
« Les résultats montrent que le télé-suivi offre au moins la même sécurité que le suivi classique », a commenté le Pr Ritter. « Cette organisation permet non seulement d’intervenir plus rapidement en cas d’alerte cardiaque, mais aussi de détecter précocement un éventuel problème technique lié à l’appareil ». Dans les faits, le temps de réaction du médecin serait en effet réduit de… 117 jours par rapport au suivi classique.
La télécardiologie devrait ainsi permettre de réduire la fréquence des consultations systématiques. Lesquelles se déroulent généralement tous les 6 mois. Actuellement en France, 70 000 patients sont porteurs d’un stimulateur ou d’un défibrillateur potentiellement capable de transmettre des données. Mais le suivi à distance ne concerne encore qu’une minorité.
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