Seul un enfant « dys » sur deux bénéficie d’un vrai bilan
[mis à jour le 20 janvier 2012 à 16h23]
Mieux dépister les troubles des apprentissages et les troubles psychoaffectifs : c’était le but à la fin 2009, de l’expérimentation menée en Ile-de-France et Rhône-Alpes par l’association MOD 4,5,6 comme « mallette d’outils d’apprentissage » à 4, 5 et 6 ans. L’association avait mis au point une consultation de repérage des troubles « dys » (dysphasie, dyscalculie, dyslexie), destinée à valoir étude de faisabilité. Au bout de l’expérience, les médecins y semblent favorables… à condition soulignent les responsables de l’opération, que leur pratique soit « aménagée ».
Les médecins ont utilisé pour ce travail, un outil spécifique constitué d’une « mallette » spécialement élaborée. Elle comportait deux questionnaires – l’un pour les parents et l’autre pour les professionnels de santé - et 17 tests validés par un comité d’experts. Au total, 52 médecins ont participé à ce travail. Ils ont réalisé 420 consultations de dépistage, entre mai et décembre 2009.
« Au cours d’une consultation, une ou plusieurs anomalies ont été repérées pour la première fois », font valoir les représentants de l’association MOD 4,5,6. Les troubles les plus fréquemment rencontrés ont été des problèmes visuels (21%), des troubles de l’audition (10%) ou des troubles du langage oral (8%).
En France, de 4% à 10% des enfants présentent un trouble « dys ». Le problème est que, « faute d’infirmières et de médecins scolaires en nombre suffisant, seule la moitié des 3-4 ans bénéficie du bilan de santé organisé par l’Education nationale », indique l’association.
La généralisation d’une consultation spécifique de repérage paraît utile à 96% des médecins ayant participé à cette étude. Ceux-ci toutefois, estiment qu’elle ne sera possible qu’à deux conditions :
«
mais aussi demandent les médecins, « une rémunération spécifique ».
150 euros la consultation
« Une rémunération spécifique doit être décidée pour valoriser à juste niveau ces consultations de repérage », souligne l’association. Ce « forfait santé publique de consultations à des âges clés » inclurait la consultation spécialisée, l’analyse des tests ainsi que le temps de coordination nécessaire pour amorcer la prise en charge de l’enfant.
D’après les représentants de l’association, le montant estimé pour mettre en place ce type de consultation est de 150 euros, qui devraient selon se voir pris en charge par l’Assurance-maladie. « Pour l’instant, les médecins font de leur mieux pour dépister ces troubles sur lesquels ils n’ont reçu aucune formation initiale. Mais est-ce bien normal qu’ils le fassent dans le cadre d’une consultation à 23 euros ? », s’interroge le Dr Dominique Girardon-Grichy, généraliste dans le Val d’Oise, membre de l’Union régionale des Professionnels de Santé (URPS) d’Ile-de-France et présidente de MOD 4, 5, 6. La réponse bien sûr, est dans la question…
A l’heure de la rigueur budgétaire, la question a de quoi surprendre. D’autant plus que le rôle du médecin généraliste comme celui du pédiatre, est bien « le dépistage systématique précoce des troubles jusqu’à l’adolescence ». C’est en tout cas ce que fait valoir sur son site Internet, l’Association française de Pédiatrie ambulatoire (AFPA).
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