Sang de cordon : les professionnels disent non aux banques privées
[mis à jour le 9 décembre 2009 à 15h42]
La Société française de Greffe de Moelle et de Thérapie cellulaire (SFGM-TC) s’inquiète d’une proposition de loi visant à permettre à des établissements privés de préparer et de conserver le sang de cordon. Aujourd’hui seul le secteur public assure ce service.
Pour le député du Territoire de Belfort, Damien Meslot (UMP), à l’origine de la proposition de loi, « les parents qui le souhaitent ne peuvent actuellement faire prélever et conserver en France le sang du cordon ombilical de leur enfant en vue d’une éventuelle utilisation ultérieure à son bénéfice ou celui d’un tiers. » Il propose donc « de permettre la collecte, la préparation et la conservation du placenta, ses composants et notamment le sang du cordon ombilical dans des établissements et organismes, publics ou privés, en vue d’une éventuelle utilisation ultérieure au bénéfice de l’enfant ou d’un tiers, si la mère le souhaite ».
Or pour la SFGM-TC, « on fait miroiter aux parents qu’il serait possible à partir des cellules souches du sang placentaire de générer des tissus pour remplacer ou réparer tel ou tel organe. (…) Et ce serait ainsi plus facile à partir de cellules provenant du donneur (autologue n.d.l.r.). Ceci ne repose pas sur des bases scientifiques solides ». En effet les cellules destinées à la médecine régénérative sont peu ou pas présentes dans le sang placentaire. « Il est désormais possible d’obtenir des tissus différents à partir de cellules adultes sans avoir besoin d’aller chercher des cellules du sang placentaire. La moelle osseuse qui nous accompagne toute notre vie est une des sources potentielles », poursuit la SFGM-TC.
Rappelons que le sang de cordon permet de traiter les hémopathies malignes par greffe de cellules souches hématopoïétiques, elles-mêmes à l’origine de toutes les cellules sanguines. « Que les mères et les pères acceptent de donner les cellules placentaires de leur enfant pour en sauver un autre, pas pour permettre le développement de compagnies qui spéculent sur l’espoir », conclut la SFGM-TC. Une inquiétude partagée par l’Académie nationale de Médecine qui en 2002 déjà recommandait au gouvernement français « d’interdire l’implantation sur le territoire de banques commerciales privées. » L’Agence de la Biomédecine soutient aussi les propos scientifiques défendus par la SFGM-TC.
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