Ces tatouages qui veulent votre peau
Cet été sur les plages ou les marchés, prenez garde aux tatouages éphémères que l’on vous proposera. D’abord séduisants pour qui ne veut pas engager son aspect sur le long terme, ils peuvent entraîner des réactions ni anodines, ni éphémères. Ainsi risquent-ils en fait, de vous coller à la peau… à vie.
Depuis quelques années, le tatouage au henné noir par sa longévité, supplante le henné « classique » dont la coloration brune vire à l’orange. « Mais depuis 6 ans, des cas d’eczéma allergique consécutifs à ce type de tatouage nous sont signalés par des dermatologues et des allergologues » explique l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS).
En 2008 par exemple, 32 cas d’eczéma ont été rapportés. C’est deux fois plus qu’en 2007. Ils concernaient majoritairement des jeunes filles de 17 ans, mais 12 cas ont été rapportés chez… des enfants de 4 à 12 ans. « Ces réactions peuvent être limitées à la zone tatouée ou au contraire, s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps. » prévient l’AFSSaPS. « Elles peuvent être violentes et nécessitent parfois une intervention médicale urgente voire une hospitalisation. Elles peuvent également conduire à une poly-sensibilisation irréversible, notamment à des caoutchoucs, des colorants vestimentaires et des teintures capillaires permanentes. Elles peuvent aller jusqu’à empêcher la pratique de certaines professions, comme celle de coiffeur par exemple. »
Un produit interdit. Le responsable de ces allergies : la para-phénylènediamine (PPD). Son utilisation dans les produits cosmétiques est interdite, exceptée dans les teintures capillaires où sa teneur ne peut toutefois excéder 6%. La PPD est ajoutée au henné de façon illicite, afin de renforcer la coloration noire. Celle-ci est en effet « plus appréciée que la teinte habituelle du henné, qui varie du brun à l’orange », observe l’AFSSaPS. En 2008 lors du festival d’Avignon, des parents vigilants avaient alerté la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui a pu saisir les mélanges utilisés par un de ces tatoueurs : l’encre contenait plus de… 35% de PPD !
Le fait que ces tatouages soient pratiqués par des commerçants ambulants rend la traçabilité du produit quasi impossible. Il est donc difficile de savoir s’il contient de la PPD. L’AFSSaPS n’est pas en mesure de « confirmer (sa) présence dans les tatouages actuellement réalisés, et ce en l’absence de contrôles récents mettant en évidence ou non sa présence dans ces produits. » Mais elle rappelle que « tout effet indésirable consécutif à l’utilisation de produit cosmétique doit être déclaré à l’Agence. » Vous trouverez ici une fiche de déclaration d’effets indésirables consécutifs à l’utilisation d’un cosmétique.
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